CES JEUNES QUI TRAVAILLENT AVEC L'OCCITAN

Aqueles joves que trabalhan amb l’occitan

Némo Desombre, professeur des écoles, section bilingue Matabiau-Bayard à Toulouse

C’est formidable la rapidité avec laquelle les tout petits acquièrent une langue quand on la pratique avec naturel

« J’ai moi-même bénéficié d’un enseignement bilingue et j’ai eu le concours de professeur des écoles spécial occitan grâce à une bonne préparation à la fac puis à l’IUFM. J’ai débuté en maternelle et je trouve formidable la rapidité avec laquelle les tout petits acquièrent une langue quand on la pratique avec naturel à l’école. »

Construire le bilinguisme

« Bien sûr il faut prévoir des activités porteuses, inventer des stratégies pour construire le bilinguisme... cette pédagogie est un travail passionnant. J’enseigne maintenant en occitan avec des CE1 les sciences, les mathématiques, la géographie, la musique et la poésie. Quand je vois les progrès des élèves en occitan et dans les matières, cela me conforte dans le choix professionnel que j’ai fait ».

Gauthier Couffin, professeur d’occitan au collège d’Onet-le-Château (Aveyron)

« Ce qui est passionnant dans le métier de professeur d’occitan, c’est que l’on n’apporte pas simplement aux élèves des compétences linguistiques. On leur propose aussi une approche culturelle supplémentaire. »

Créer du lien avec les générations précédentes

« L’occitan constitue souvent pour les élèves la possibilité de mieux comprendre leur environnement, de créer du lien avec les générations précédentes, de découvrir un univers créatif avec la littérature et la musique en langue occitane et enfin de s’approprier un nouvel outil de communication. »

Deux langues, ce sont deux clés pour ouvrir le monde : se rencontrer et échanger

« J’anime aussi « Un cafè de las lengas », formule lancée par la Mission langue vivante du pôle de recherche en enseignement supérieur des universités toulousaines. Toutes les 3 semaines dans un café de Toulouse, nous proposons à tous ceux qui le souhaitent de venir se rencontrer et échanger en occitan. Beaucoup d’étudiants participent à cet espace de communication décomplexé. Nombreux sont en effet ceux qui maîtrisent l’occitan mais n’ont pas forcément l’occasion de le pratiquer au quotidien. On y échange aussi avec des personnes qui parlent catalan parce qu’il est très facile de fonctionner en intercompréhension entre ces deux langues très proches. »

Valentin Belhomme, employé à l’IEO national à Toulouse (www.ieo-oc.org)

Même si les anciens meurent, la relève suit

« L’IEO est une grande association pour la promotion et le développement de la langue et de la culture occitanes. Cela va de la signalisation bilingue dans les communes, en incitant les communes à la mettre en place, à la promotion des cours pour adultes, la parution de la revue Occitans !, en passant par le site internet.
Nous avons également réalisé une exposition bilingue sur le thème de l’Occitanie. En 2010, nous avons publié le nouvel exemplaire de l’Occitan qu’es aquò ? Ce magazine, à destination des offices du tourisme, comporte les bonnes adresses sur le thème de l’occitan, ainsi que les informations sur ce qu’est la culture occitane, la langue, etc. »

Tellement de gens travaillent, apprennent la langue et la connaissent, que la relève est assurée !

« Je travaille sur un observatoire de l’enseignement et de l’emploi. Je fais des statistiques sur le nombre de personnes qui suivent des cours d’occitan (cours pour adultes, calandreta, écoles bilingues publiques, lycée ou université), et le nombre de personnes qui ont un emploi en lien avec la langue et la culture.
Cette enquête a pour objectif de démontrer qu’il y a tellement de gens qui travaillent, qui apprennent la langue et la connaissent, que la relève est assurée ! »

Julien Konopniki, étudiant L3 occitan, animateur Accueil de Loisirs l’été et surveillant en collège Calandreta l’année

On est encore étudiant et on trouve déjà du travail dans notre branche

« Je suis étudiant en L3 occitan à la Faculté de lettres de Montpellier. Je suis content d’étudier une matière dont on parle peu dans les médias et les cercles intellectuels. Pour financer mes études, on m’a proposé le poste de surveillant au collège Calandreta de Grabels. Grâce à mon Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) et à l’occitan, je peux travailler en parallèle de mes études toute l’année. On est encore étudiant et on trouve déjà du travail dans notre branche. »

Animateur vacances en occitan

« Ensuite, tous les étés depuis trois ans, j’anime des séjours de vacances en occitan, dans les Alpes avec une association « Pastourèu » (05). C’est génial. Ce sont des enfants qui ne parlent pas forcément occitan au départ. On leur apprend des noms de plantes, des chansons, les noms des lieux et pratiques rurales… Tout ça, en occitan ! C’est un moyen ludique de parler et d’apprendre la langue. En étant en montagne, on a un autre rapport à la nature, aux choses, aux gens aussi. Je cherchais un projet pédagogique en occitan et j’ai trouvé ça par hasard sur internet. Ça change des projets pédagogiques habituels qu’on trouve sur quasiment toutes les structures. Je me suis rendu compte qu’il était possible de mener un projet en occitan et je me suis même aperçu que des enfants non occitanophones étaient très enthousiastes ! Certains s’inscrivent ensuite en cours d’occitan à la rentrée. »

Francesca Peyronet, webmaster Théâtre La Rampe TIO

« J’ai toujours eu un rapport à la langue occitane dans la mesure où petite, j’ai entendu mes grands-parents la parler... entre eux ! J’avais une envie réelle de mieux connaître l’occitan et sa culture, envie de renouer avec cette partie de mes racines. Cette langue chantante et imagée m’a tellement plu que je me suis inscrite en licence à l’Université Paul Valéry de Montpellier, parallèlement à mon travail. Un passage très enrichissant, qui m’a appris énormément sur l’histoire et l’évolution de la langue. Cet emploi, dans le monde du théâtre, milieu de création constante, qui propose des spectacles en occitan me correspond très bien. »

L’occitan est de plus en plus présent sur internet

« Quand j’ai conçu le site internet de la compagnie, il y avait très peu de sites concernant la culture occitane sur la toile. Je l’ai repensé complètement : www.larampetio.org. L’occitan est de plus en plus présent sur internet, alors continuons à faire découvrir la richesse occitane par ce média ! »

Clément Pech, journaliste à La Setmana, Lescar

Hebdomadaire papier entièrement en langue occitane www.lasetmana.com

Découvrir un point de vue différent sur les choses

« J’ai appris notre langue quand j’étais petit, je suis un ancien calandron (élève de calandreta). J’ai une maîtrise d’occitan et une L2 LLCE anglais. J’ai commencé à faire un métier lié à l’occitan quand j’étais étudiant, en signant des papiers dans des revues culturelles. Faire du journalisme, ou de l’histoire, ou de la musique avec une langue comme l’occitan donne la possibilité de découvrir un point de vue différent sur les choses. Aux jeunes qui sont encore lycéens ou étudiants, je leur dis que l’apprentissage ne s’arrête pas au diplôme final qu’ils ont entre les mains. Apprendre encore et toujours n’est pas une faiblesse... au contraire. La langue elle aussi s’apprend sans cesse ».